• Recherche - DSP,

CTAD - Atelier de recherche ThéorHis : « Droit et empiricité : un bouleversement ? »

Publié le 8 septembre 2026 Mis à jour le 8 septembre 2026

Le CTAD organise le 1er octobre 2026 un atelier de recherche intitulé « Droit et empiricité : un bouleversement ?« , avec la participation de Frédéric Audren, Julien Bétaille, Anne-Sophie Chambost, Baudouin Dupret et Evelyne Serverin.

Date(s)

le 1 octobre 2026

A partir de 09h00
Lieu(x)

Bâtiment Max Weber (W)

Amphithéâtre du bâtiment Max Weber
Cette rencontre part du constat suivant : alors que les sciences sociales du droit connaissent depuis plusieurs années un renouvellement important, marqué notamment par le développement des enquêtes empiriques, les réflexions sur les rapports entre ces approches et la science juridique du droit demeurent fragmentées. Les travaux mobilisant entretiens, observations, statistiques ou analyses de corpus se multiplient désormais au sein même des facultés de droit, tandis que les recherches issues de la sociologie, de l’anthropologie ou de l’histoire continuent d’interroger les catégories juridiques, les pratiques professionnelles et les usages sociaux du droit. Ces évolutions invitent à réexaminer une question classique mais jamais véritablement épuisée : comment penser les rapports entre la science juridique du droit et les autres sciences sociales qui se donnent le droit pour objet ?
 
Cette interrogation revêt une importance particulière pour le CTAD. Depuis plusieurs décennies, les travaux menés au sein du Centre défendent une conception positiviste, empiriste et réaliste de la science du droit. Dans cette perspective, la science du droit se distingue de son objet – le droit – et poursuit une ambition descriptive et explicative. Le droit est conçu comme un phénomène social normatif dont l’analyse suppose l’étude des pratiques interprétatives des autorités juridiques et des contraintes qui pèsent sur celles-ci. Toutefois, si cette orientation théorique a toujours entretenu un dialogue avec certaines sciences sociales, elle a également été soucieuse de préserver l’autonomie méthodologique et conceptuelle de la science juridique du droit.

Cependant, l’essor des méthodes dites empiriques dans la recherche juridique, la multiplication des recherches interdisciplinaires et les débats récents sur les manières d’étudier le droit conduisent à réinterroger la spécificité éventuelle du regard juridique sur le droit, ses objets, ses méthodes et ses ambitions explicatives.
L’atelier poursuivra ainsi un double objectif.

D’une part, il s’agira d’examiner la place que les sciences sociales occupent déjà au sein du droit. Les argumentations juridiques mobilisent fréquemment des données statistiques, des connaissances issues des sciences sociales ou des représentations du monde social. Comment la science du droit doit-elle appréhender ces références ? Faut-il prendre au sérieux leur contenu scientifique ou seulement leur fonction argumentative ? La compréhension des raisonnements juridiques exige-t-elle de mobiliser les méthodes des disciplines auxquelles ils empruntent leurs références ?
D’autre part, l’atelier entend interroger les conséquences épistémologiques et méthodologiques d’un dialogue plus étroit entre science juridique du droit et sciences sociales du droit. Jusqu’où peut-on penser l’autonomie d’une science juridique du droit si celle-ci partage avec d’autres disciplines un même objet général ? Comment articuler des approches qui reposent sur des constructions différentes de leur objet scientifique sans tomber dans le syncrétisme méthodologique ? Quels usages peuvent être faits des méthodes empiriques dans une théorie réaliste du droit ? Comment repenser certaines questions classiques de la théorie du droit à partir des résultats produits par la sociologie, l’anthropologie, l’histoire ou la psychologie du droit ?

Plus fondamentalement, cette journée vise à ouvrir une discussion sur les conditions d’une conversation théorique entre disciplines qui étudient le droit sans nécessairement le concevoir de la même manière. Il ne s’agit ni de promouvoir une fusion des savoirs ni de réaffirmer des frontières disciplinaires étanches, mais d’explorer les formes possibles d’articulation entre différentes manières de produire des connaissances sur le phénomène juridique.
 
PROGRAMME
 

9h00 : accueil

9h15-9h30 : ouverture par Olivier Leclerc

9h30-12h30 : interventions d’Evelyne Serverin, Julien Bétaille et Anne-Sophie Chambost, avec Eric Millard Albacete (président) et Michael Koskas (discutant)

12h30-14h00 : pause déjeuner

14h-17h00 : interventions de Baudouin Dupret et Frédéric Audren, avec Thomas Hochmann (président) et Véronique Champeil-Desplats (discutante)

Fin des travaux : 17h30
 

Mis à jour le 08 septembre 2026